De la peur à la réussite…
Tout athlète, tous sports et niveaux confondus, peut vivre à un moment de sa carrière, des chutes, des peurs, des déceptions ou des blessures. Dans ces moments, il est primordial de bien les encadrer afin de les aider à passer par-dessus ces périodes négatives. Notre intervention en tant que parent devient alors cruciale. Souvent nous rassurerons et encouragerons le jeune à poursuivre mais il arrive que, porté par nos propres craintes, nos sentiments et notre émotivité, nous nuisions à notre enfant. Nous voulons tellement que l’enfant ne soit pas inquiet de reprendre un mouvement que, très souvent, nous mettons trop d’emphase sur l’incident. Donner de l’importance à un événement peut accentuer sa crainte et ses peurs. C’est alors que la communication entre vous et l’entraîneur de votre enfant devient primordiale puisque c’est lui qui travaille avec l’athlète. Il ne faut pas hésiter à aller lui parler. Évidemment, ceci ne veut pas dire de courir après lui à chaque entraînement et pour n’importe quoi mais de trouver un moyen de communication simple et efficace pour tous. Il faut aussi faire attention. Tous les enfants ne feront pas les olympiques, ni même du national, ni la LNH, ni la NBA! Donc, vos interventions doivent se faire le plus objectivement possible.
J’entends régulièrement des parents discuter de craintes de leur enfant. Parfois il s’agit d’un mouvement manqué que l’enfant ne veut plus faire parce qu’il a chuté, d’autres fois, c’est une peur des hauteurs, parfois c’est la manière dont un entraîneur se comporte ou la pression qu’il met sur l’athlète. Toutes ces situations doivent être dites le plus rapidement possible surtout si vous en êtes témoins. Malheureusement, tous les clubs, en gymnastique surtout, ne permettent pas d’avoir accès au site d’entraînement. Il peut donc être difficile de savoir exactement ce qui s’est passé. Voici ce que je vous recommande en cas de problème.
Premièrement, encouragez l’enfant à vous parler. Ne lui mettez surtout pas les mots dans la bouche. Il doit vous dire lui-même s’il a peur ou si l’entraîneur a eu des paroles blessantes. Une fois que vous saurez le problème, tentez de savoir à quel moment et dans quelles circonstances c’est arrivé. Il y a une différence entre un entraîneur qui pousse un peu un athlète parce que celui-ci refuse de faire un mouvement qu’il a déjà maîtrisé et qui a soudainement une crainte apparemment non fondée et l’athlète qui a fait une chute sérieuse et qui a peur de refaire un mouvement. Bref, ayez une bonne conversation!
Deuxièmement, si votre enfant a un outil de communication comme un cahier ou un journal de bord, encouragez le à y inscrire ses impressions. Vous pouvez l’aider dans cette tâche en l’encourageant à écrire comment il se sent. Si l’entraîneur a remis cet outil, c’est qu’il veut que le jeune s’en serve. C’est un outil particulièrement efficace.
Troisièmement, l’entraîneur doit savoir que l’athlète vit un blocage. Vous pouvez demander à votre enfant de discuter avec l’entraîneur ou, si l’enfant est très timide, vous pouvez intervenir auprès de lui.
Mon expérience personnel m’a démontré que pour ma fille, je dois intervenir à l’occasion. Par exemple, à la poutre, elle a fait une très vilaine chute, l’an dernier, en faisant un minichelli. Heureusement, elle ne s’est pas blessée mais elle a développé une phobie à l’idée de le faire. Après l’avoir vu pratiquer plein de mouvements pendant quelques semaines que les autres ne faisaient pas mais qu’elle ne faisait pas de minichelli alors que les autres en faisaient, j’ai bien observé ce qui se passait. Lorsqu’elle avait terminé ses routines, ses entraîneures lui demandaient ce qu’elle voulait faire et lui donnaient des choix comme rondade, saut de main, minichelli. À chaque fois, elle répondait: “Je vais faire rondade.” Lorsqu’elle a eu maîtrisée sa sortie de poutre “rondade-back”, je suis intervenue. Elle avait réussi un mouvement important pour son avancement mais le minichelli est aussi important pour les enchaînements avec envol nécessaire au prochain niveau. J’ai donc discuté brièvement avec ses entraîneures en leur parlant de la chute de l’année dernière. Elles ont donc pris du temps pour l’aider à reprendre confiance et tout doucement, Joanie a recommencé à faire des minichellis sur la poutre mousse d’abord, puis la petite poutre et finalement, sur la grande poutre. Bien qu’elle ne le maîtrise pas encore parfaitement, elle n’a plus de crainte à le faire!
Je vous laisse avec une vidéo qui démontre bien le cheminement qui s’établit lorsqu’un athlète, aidé par ses entraîneurs, passe de la peur à la réussite.