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Le sport maltraite-t-il mon enfant?

janvier 16, 2010

Mon sujet d’aujourd’hui portera sur l’impact du sport chez l’enfant. J’ai souvent traité des effets psychologiques d’un bon entraînement, d’un mauvais entraîneur ou d’un parent qui met trop de pression sur les épaules de son enfant,  mais cette fois-ci, je parlerai de l’effet physique du sport sur le corps. Notez que ceci n’est pas un article scientifique et que je ne suis pas une professionnelle de la santé. Je suis une mère de sportive et ancienne gymnaste, danseuse et cheerleader pour les Alouettes de Montréal. Je parlerai donc de ce que je sais ou crois être en fonction de mes connaissances personnelles.

En tant que danseuse, j’ai eu mon lot de blessures et de douleurs. Douleurs aux genoux associées à un période de croissance,  douleurs au dos, déchirure d’un muscle de la cuisse et plus récemment, alors que j’ai voulu me remettre à la gymnastique, j’ai été contrainte d’arrêter dû à des douleurs aigues aux épaules et aux poignets. Ah! Quand on vieillit! Pourtant les jeunes sportifs ont constamment mal. Un genou, une cheville, un poignet, le coude, le dos, maux de têtes, courbatures au cou, insomnies et j’en passe. Vous connaissez? Et si nous passions à côté de quelque chose d’important?

Vous savez que ma fille a eu une blessure au pied gauche l’été dernier. Ça aura pris tout l’été en physiothérapie et un mois de repos complet pour que la blessure guérisse enfin. À l’automne, alors que la gym recommence, elle se plaint de douleurs aux poignets (le gauche en particulier), puis le coude gauche, vient ensuite le pied droit. Mais qu’est-ce qui se passe? Est-ce que le sport maltraite mon enfant? Devra-t-elle arrêter complètement? Elle n’a que 12 ans et son corps la fait souffrir de plus en plus! Que dois-je faire?

J’ai donc discuté avec diverses personnes. Des parents de sportifs, des sportifs (dont un marathonien), des infirmières, des gens en médecine alternative, des physiothérapeutes. Je me demande quoi faire. Est-ce que je retourne à la physiothérapie? Est-ce qu’on se tourne vers l’ostéopathie, qui m’est recommandé et qui m’a déjà fait beaucoup de bien pour des problèmes de migraines? Quel est le bon choix? Nous sommes en période de compétition et la petite se demande, à chaque fois qu’elle va s’entraîner, si elle pourra faire suffisamment bien! Je fais donc un appel à sa physiothérapeute. Après plusieurs minutes de discussions et de questionnements, elle me dit que peut-être l’ostéopathie serait une option positivie pour la petite et que, dans certain cas, c’est ce qui fonctionne le mieux. C’est à voir!

Nous sommes donc en novembre et je tente d’obtenir un rendez-vous avec un ostéopathe… Pas facile quand tu n’es pas déjà un patient! Après plusieurs appels, le premier rendez-vous disponible est en janvier mais c’est maintenant que la petite a mal! Qu’est-ce que je fais? Pas le choix, on va attendre qu’une place se libère chez un des trois ostéopathes que j’ai contacté. Finalement, une clinique de St-Hyacinthe me rappelle et me donne un rendez-vous début décembre. La clinique m’avait été référée par un ami alors je partais relativement en confiance.

Premier rendez-vous

Le premier rendez-vous en ostéopathie est semblable à tous les premiers rendez-vous. Un bilan de santé général est fait. On parle des différentes douleurs, blessures, elle nous demande si la petite a des problèmes de digestion, trouble du sommeil, stress, etc. La priorité, pour Joanie, est la guérison de son poignet gauche car c’est ce qui la fait le plus souffrir. L’ostéopathe fait donc un examen complet du corps de la petite en débutant par ses hanches et sa colonne vertébrale. Ça part mal, elle a les hanches croches, le bassin étant plus élevé du côté droit. Elle me demande si elle a fait une chute violente pour avoir une si grosse déviation… C’est qu’elle peut tomber des dizaines de fois par semaine, sur les fesses depuis plusieurs années! Elle commence donc déjà à redresser son bassin… Elle poursuit son examen vers le haut du corps. Arrivée à la cage thoracique, elle demande à Joanie, de manière un peu paniquée, ce qui lui est arrivée! La petite ne comprend pas trop et moi non plus. Elle me regarde donc et me demande si elle a eu un accident! Elle a la cage thoracique vraiment toute croche! Elle a donc travaillé le haut du corps de Joanie, son cou (elle avait de bonnes tensions) et au niveau de sa tête pour lui permettre de mieux dormir. Elle a travaillé un peu son poignet et son avant-bras qui manquait de mobilité mais surtout au niveau de son dos. Une heure plus tard, nous ressortons avec un rendez-vous pour début janvier en se demandant ce que ça donnera. Joanie a tout de même été avertie des effets et ce que le traitement pourrait donner comme effets secondaires (fatigue, courbatures, mal de tête passagé).

Effectivement, les jours suivants, elle a eu quelques courbatures mais rien qui l’empêchait de bouger ou de fonctionner normalement. Après quelques jours, alors qu’elle est à l’école, Joanie donne un coup de pied dans le vide et ressent une douleur à l’aine. Peut-être est-ce à cause du traitement, elle était tellement croche mardi soir! Arrivée à la gym, la fin de semaine suivante, elle a de la difficulté à faire certains mouvements mais d’autres sont étrangement plus facile. La douleur à l’aine a disparu  au bout de quelques jours, puis est réapparue pendant la période des fêtes. Nous en parlerons donc à l’ostéopathe que nous revoyons le 5 janvier.

Deuxième rendez-vous (mardi, 5 janvier)

L’ostéopathe s’informe immédiatement des changements que Joanie a sentis. Elle lui explique les nouvelles douleurs qui sont apparues dont la douleur à l’aine. La thérapeute s’exécute donc. Vérification du bassin, correction réussie à 90%. Vérification de la cage thoracique, correction réussie à 75%. Elle est très satisfaite car la petite semble répondre très bien aux traitements. Elle a donc travaillé beaucoup au niveau de son dos. Elle a beaucoup de tensions au niveau lombaire. Elle croit que la douleur à l’aine peut venir de là. Elle fait donc son traitement, masse la partie douloureuse, revoit le corps en général et termine l’alignement de la colonne de Joanie. Prochain rendez-vous, début février soit, après la compétition!

Au retour dans l’auto, Joanie me dit qu’elle aime beaucoup les traitements, c’est comme un massage. La semaine passe et la gym recommence. Dès le samedi, nouvelle blessure! Au pied droit cette fois-ci! Mais que ce passe-t-il? Le sport maltraite-t-il ma fille? Joanie a eu une période très difficile à l’automne. Elle a eu beaucoup de difficulté à retrouver sa motivation pour le sport et l’école. La période de l’adolescence (12 ans) est particulièrement difficile pour elle et c’est elle-même qui le dit! Alors, maintenant qu’elle sait ce qu’elle veut et où elle veut aller, voilà que son corps semble la lâcher et tomber en morceaux. Que faire? Est-ce que je contacte à nouveau l’ostéopathe? Est-ce que je retourne en physiothérapie avec elle? Dans quel cas doit-on choisir l’un et dans quel cas doit-on choisir l’autre? Je décide de retourner voir l’ostéopathe puisque les traitements semblent être efficace. La bonne nouvelle, je réussis à avoir un rendez-vous en urgence lundi après-midi.

Troisième rendez-vous (lundi, 11 janvier)

C’est avec un sourire pas mal découragé que l’ostéopathe a reçu Joanie lundi après-midi, lorsqu’elle l’a aperçue en béquilles. Elle lui a posé les questions d’usage en lui demandant ce qui lui était arrivé. Après l’explication, elle a vérifié l’alignement de son bassin, tout est parfait, elle est rétablie à 100%! Elle vérifie sa cage thoracique, correction à 90%, elle fait donc les manipulations pour la rétablir à 100%. Elle a demandé à Joanie comment allait son aine et vérifie la partie du dos qu’elle avait travaillé la semaine précédente. Tout est beau, le travail fait bien son oeuvre! Ensuite, elle s’est attardée au problème qui nous amenait chez elle aussi rapidement. Après avoir vérifié son pied, elle nous explique que l’os à la base du pied (désolée, je ne me souviens pas du nom) embarque par-dessus un autre os et fait tordre ce dernier. Ceci est probablement dû à une tension qu’elle voit sur le devant de la jambe de Joanie, jusqu’au genou, puis jusqu’à la hanche pour se terminer au niveau du sacrum. Elle a travaillé cet endroit pendant de longues minutes. Elle vérifie ensuite tous les endroits déjà traités et fait la “finition” sur l’enlignement général du squelette de Joanie et termine par rebalancer son bassin. Lorsque Joanie s’est relevée, elle a marché un peu et la douleur avait déjà diminué. Elle a terminé par lui faire un taping de physio qu’elle devra garder pour 48 heures. Nous y retournons jeudi soir pour un autre taping.

Mercredi soir, le cours de gym est annulé.  Joanie en profitera pour continuer à reposer son pied mais fera tout de même son condi de la semaine donné par E. Son pied lui fait beaucoup moins mal. Elle se sent bien mais doit être très prudente. Elle ne veut pas se blesser à nouveau.

Nous sommes maintenant vendredi soir. Cela fera 7 jours demain que Joanie s’est blessée. Après 5 jours en béquilles, 2 visites chez l’ostéopathe (un traitement lundi et une vérification et taping  jeudi), Joanie va vraiment beaucoup mieux. La douleur est presqu’entièrement disparue. Cependant, elle n’a toujours pas le droit de faire du tumbling et du saut à cause de la course et des réceptions mais elle pourra faire la poutre et les barres de même que presque tous les éducatifs de saut et de lignes acrobatiques. Nous nous croisons les doigts pour qu’elle soit complètement rétablie d’ici vendredi prochain afin qu’elle puisse enfin pratiquer ses lignes acrobatiques et ses sauts mais je suis vraiment très confiante.  Aujourd’hui, je respire presque de soulagement et elle aussi.

Alors, que doit-on faire lorsque notre enfant se plaint de douleurs?

Solution 1 – Allez voir le médecin:  La plupart du temps, les médecins ne trouvent pas la source des blessures. Ils nous envoient passer une radiographie et nous avons les résultats, quand nous les avons, près de 3 semaines plus tard et ils nous disent de prendre des analgésiques ou des anti-inflammatoires et de mettre de la glace! Mais ça ne règle pas le problème. Pour un problème de genou, on m’a envoyé passé une résonnance magnétique pour avoir comme diagnostique: “usure normale du ménisque interne”. Et la douleur? Elle vient d’où? Je fais quoi après? RIEN! Aucune solution!

Solution 2 – Allez en physiothérapie: Je crois que la physiothérapie est excellente dans certains cas. Je crois qu’en cas de blessure franche comme une entorse ou après une fracture ou encore une chirurgie, la physiothérapie est idéale ou même essentielle pour le retour d’une pleine mobilité. Est-ce que cela a nuit à Joanie l’été dernier? Certainement pas, mais je ne sais pas si c’était la solution idéale pour une guérison rapide et à long terme. La physiothérapeute de Joanie est vraiment très gentille et très compétente! C’est même elle qui m’a dit que l’ostéopathie serait peut-être une option positive dans son cas.

Solution 3 – Allez voir un ostéopathe: Ce que j’ai fait pour la première fois en décembre. Je crois que c’était la meilleure solution pour ma fille, pour son type de douleurs.  “Le champ d’intervention de l’ostéopathie englobe toutes les structures du corps (os, muscles, ligaments, organes, viscères, liquides, etc)” (tiré de la définition de l’Association des ostéopathes du Québec). J’aime beaucoup l’approche de l’ostéopathie. Dans le cas spécifique d’une gymnaste comme ma fille, nous avons déjà vu des résultats, particulièrement à la poutre. Puisqu’elle était pas mal “tordue”, certains mouvements se faisaient difficilement en ligne très droite comme sur la poutre.

Solution 4 – Chiropraticien et autres ramancheurs: Je ne suis pas une fervente des chiropraticiens et autres ramancheurs. Il y a bien les ortothérapeutes qui peuvent faire beaucoup de bien mais pour avoir eu des expériences négatives, je ne recommenderai pas l’un ou l’autre. Je ne veux pas me lancer dans une longue plainte à leurs sujets, certains sont effectivement très bons et très consciencieux.

Solution 5 – Attendre: Comme parent, nous avons souvent la fâcheuse habitude de prendre à la légère les douleurs de nos enfants et tout mettre sur le dos de la croissance. En tant que sportif, particulièrement pour les athlètes de niveau de compétition, il est impératif de prendre les décisions adéquates et surtout de prendre action afin que l’enfant se sente bien. Attendre que la douleur parte d’elle-même n’était pas, dans le cas de ma fille, la meilleure des solutions. J’ai pourtant attendu plusieurs mois et tout ce que ça a servi, c’est d’aggraver la situation.

Finalement, je ne crois pas que le sport à lui seul maltraite le corps des enfants. Une mauvaise posture à l’école, devant la télé ou un sac d’école trop lourd et mal ajusté peuvent aussi causer bien des problèmes et des douleurs aux enfants, tout comme nos sacs à main, mesdames! Cependant, il arrive trop souvent que nous prenions leurs plaintes à la légère, pensant que la douleur disparaîtra d’elle même. Malheureusement, je me rends compte que, dans le cas des athlètes en particulier, c’est rarement le cas. Les douleurs ne font qu’accroître et l’angoisse de ne pouvoir pratiquer leur sport suit la même progression. C’est ce que la gymnastique fait de ma fille, tout comme la danse l’a fait pour moi. Alors cessons de nous mettre la tête dans le sable et penser que tout va se régler tout seul et allons consulter un professionnel qui pourra aider à les remettre sur pieds!

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