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Mère de sportive se questionne!

octobre 5, 2009
par meredesportive

Aujourd’hui je me questionne sur l’avenir de ma fille en tant que gymnaste.  Elle vit une période très difficile. Entrant dans l’adolescence, elle vient d’avoir 12 ans, elle est dans une période d’incertitude complète. Tout ce qu’elle fait ne semble plus la passionnée comme auparavant. Une journée elle veut être la meilleure et crois en son potentiel et le lendemain, tout est noir, elle ne veut plus rien savoir. Ceci tant à l’école (elle est dans un programme d’études internationales) qu’à la gymnastique. Je me demande si je suis responsable de cela. Je suis une mère beaucoup trop présente et je crois que ça lui ajoute une pression dont elle n’a pas besoin. À l’école, on lui demande d’être parfaite. Elle subit, comme toutes les jeunes filles, une pression incroyable liée à l’entrée au secondaire. Au gymnase, ce sont les entraîneurs qui lui mettent de la pression car tout le monde croit en son potentiel. Mais elle, que veut-elle?

Hier, elle a décidé qu’elle ne ferait pas le bonus du samedi après-midi. Trop d’études, de fatigue et le besoin d’être avec sa famille. Je crois sincèrement qu’elle a besoin de cet entraînement mais c’est son choix et j’ai décidé de le respecter (en espérant que les entraîneurs la respecteront également). Cela dit, cela fait deux grosses discussions que nous avons. Une hier et une aujourd’hui. Je veux qu’elle réfléchisse à ce qu’elle veut, elle, au fond de son cœur. Ce qui la tracasse et les raisons pour lesquelles elles envisagent arrêter. Quelles seraient les options envisageables. Pour l’instant, elle ne le sait pas. Je lui ai expliqué qu’elle a l’année pour réfléchir car il n’est pas question d’arrêter maintenant puisque la saison est juste assez entamée pour ne pas pouvoir être remboursée. Elle fera donc sa saison, je ne sais dans quel état. Ensuite, je ne peux rien affirmer. Toutes les possibilités ont été abordées. Chose certaine, lorsqu’elle est arrivée au club, l’an dernier, son amie R était aussi gymnaste au club mais cette année, elle a décidé de faire une pause. Alors, Joanie a perdu sa seule vraie amie au club en plus d’avoir perdu son entraîneur. Elle a des copines mais pas vraiment d’amie au club. Je sais qu’elle aimerait bien en avoir mais elle est tellement timide qu’elle s’arrête elle-même. Je sens que ce n’est pas pareil cette année. Elle a des périodes où elle rit et semble vraiment heureuse. Par contre, elle vit des frustrations, des déceptions et je crois que, bien qu’elle ne veut pas en parler, elle est très nerveuse à l’approche de la première compétition. Elle a l’impression que les entraîneurs, une en particulier, lui mettent de la pression.

Pendant ce temps, je suis définitivement triste. J’essaie de comprendre et je me sens terriblement responsable. Des gens pensent que je veux plus qu’elle. Des parents ont même dit cela à leur fille (copine de Joanie), qui le lui ont rapporté. Rien pour aider! Mais ces adultes qui croient connaître Joanie ou me connaître moi, ne nous connaissent pas. Elles n’étaient pas présentes à la compétition amicale de Joanie lorsqu’on a remis un ruban de 2e place plutôt qu’une médaille. Elle venait de remporter une 2e place à la poutre mais ce n’était pas suffisant pour elle. Ça lui prenait une médaille! Elle nous a lancé le ruban en plein visage. Et ces gens n’étaient pas là, l’année dernière, lorsqu’elle est revenue bredouille et qu’elle s’est effondrée. Ni l’année d’avant, alors qu’elle était en Provincial 2 et qu’elle a été la seule de son groupe à ne rien gagner. Voir le visage dévasté de son enfant et la ramasser en pleures, lorsqu’on la sait très compétitive n’a rien de joyeux. Les gens devraient regarder au-delà des mots et faire très attention à ce qui est répété. Pour l’instant, tout ce qu’ils ont réussi à faire, c’est lui mettre encore plus de doute dans la tête.

Personnellement, j’ai décidé de ne plus parler de gym à la maison. J’avais déjà décidé de ne plus filmer les entraînements mais je vais également taire mes questionnements, ne plus parler d’entraînement ou de compétition sauf si elle en parle d’elle même. Ça va être très dur. Mais encore bien plus si elle décide d’arrêter. Un jour, l’entraîneur-chef de l’ancien club où elle s’entraînait m’a dit : « Tu sais, Joanie a peut-être besoin de faire une pause! Parfois ça en prend une pour savoir ce que l’on veut réellement! » Elle avait peut-être raison. Joanie aurait peut-être dû prendre une pause. Ce sera peut-être l’an prochain ou peut-être qu’elle décidera de ne pas en prendre. Peut-être voudra-t-elle continuer comme maintenant ou autrement. Nous verrons bien! Pour l’instant, j’ai le cœur gros car je me sens extrêmement responsable. Espérons qu’elle saura retrouver sa motivation et surtout sa passion!

9 commentaires leave one →
  1. julpin4 lien permanent
    octobre 5, 2009 7:48

    Comme c’est difficile d’être une mère de sportive adolsecente !!! Je crois que tu as bien décrit… une journée c’est blanc, l’autre c’est noir. Elles se cherchent…

    Je crois que ce qu’il nous reste à faire est de les écouter et de nous tourner la langue 7 fois avant de parler. C’est bien aussi que Joanie réfléchisse bien… qu’elle ne regrette rien parce qu’elle a prise une décision sur un coup de tête.

    C’est dur pour nous les mères qui adorent ce sport… Ils faut leur montrer notre soutient, mais pas trop… pour être sur qu’elle font ce sport pour elle et non pour nous.

    Vive l’adolescence !!!

  2. octobre 5, 2009 8:33

    Bonjour,

    Il est vrai que par moment nous voulons plus que nos filles. Je sais, car ma fille de 8 ans (Niveau P2 cette année), ne voulait plus faire de gym en septembre. Je peux vous dire que j’ai pleuré car j’aime beaucoup la voir performer (et les autres filles aussi) et j’aime aussi beaucoup le cercle d’amies que je me suis faites au gym.

    Ma fille m’a dit plus tard qu’elle aimait beaucoup la gym mais elle avait peur de faire un mouvement au sol car elle a déjà tombée sur la tête deux fois dans l’exécution de celui-ci. Mais après qu’elle a dit sa peur, la boule qu’elle avait dans le ventre avait disparue et elle était contente d’aller au gym.

    Il y a aussi que la gym demande beaucoup d’heures… Il y a l’école, les amis et la famille. Je pense que les filles aiment beaucoup la gym mais elles n’ont jamais de temps libre. Parfois, je pense que les filles voudraient rien faire comme les autres mais dans le fond ce n’est pas parce qu’elles n’aiment plus la gym! Je peux comprendre les filles par bout, car il y a des fois où moi-même je trouve ça beaucoup et je me demande comment elles font pour faire tout ça. Moi, je travaille 4 jours/semaine, j’ai commencé à faire de l’entrainement physique tous les jours où ma fille fait de la gym (4 fois par semaine) et je peux vous dire que je trouve ça pas toujours facile et moi je fais que 1 heure… ma fille 4 heures par jour!!!!!!

    Il est vrai que prendre une pause fait parfois du bien mais des fois la réponse n’est pas toujours celle qu’on veut entrendre… Parfois, elles trouvent ça « cool » de pouvoir faire ce qu’elles veulent à l’heure qu’elles veulent.

    France

    • octobre 5, 2009 8:59

      Il est vrai que Joanie me dit souvent qu’elle a besoin de temps avec sa famille. C’est pour cela que nous avons respecté son choix de ne pas faire le bonus du samedi après-midi. Elle fera donc 11 heures plutôt que 14. La règle d’or, on ne parle plus de gym à la maison. Moi qui croyais l’encourager en m’inscrivant, je me suis vraiment plantée. Je ferai donc de la gym, pour moi, comme elle fera de la gym, pour elle. On se croise les doigts et on espère que la tempête passe tranquillement et qu’elle retrouve le feu sacré. Autrement…

  3. octobre 5, 2009 9:03

    Elle n’a pas quelqu’un à qui elle pourrait parler. Celle qui dirige notre club est une ancienne gymnaste qui s’est pratiquement rendue aux olympiques… quand les filles sont un peu démoralisées, elle sait quoi leur dire car elle a vécu la même chose.

    Bonne chance

    • octobre 5, 2009 9:09

      En fait, lors de sa période d’adaptation, l’an passé, elle a parlé avec l’entraîneure-chef mais on dirait que pour elle, tout le monde veut plus qu’elle. Et les « amies » à la gym, à qui elle en parle, lui disent que je veux plus qu’elle, alors, rien pour l’aider. C’est pour ça que je la laisse complètement libre de ses choix.

      • Geneviève lien permanent
        octobre 5, 2009 2:01

        Ne le prenez pas mal mais… peut-être est-ce vrai? En soi, que votre volonté de la voir réussir dans ce sport dépasse la sienne propre n’est pas nécessairement problématique. Là où je verrais un problème possible serait que votre fille en vienne à continuer la gym pour vous, et non pour elle-même.

        Vous semblez avoir une belle relation avec votre fille, et je comprends que les propos qu’ont tenu les autres gymnastes sur votre désir de la voir performer vous ont blessée. Mais ces jeunes filles n’étaient pas nécessairement mal intentionnées en disant cela. Et puis, ces paroles vous ont été rapportées, avec tous les risques d’êtres déformées que cela comporte… le fameux téléphone arabe quoi!

        À l’adolescence, l’opinion des pairs est très importante. Ce que Joanie leur dit, peut-être à mot couverts, les conduit-elles à mettre des mots sur ce que Joanie ressent. Et peut-être qu’elles sont totalement dans le champ comme on dit!

        L’adolescence est également la période où on découvre les doutes qui jalonneront notre existence. Cela fait partie du chemin vers la vie adulte, et on espère un jour d’arriver à les gérer sainement, car une vie sans doutes cela n’existe pas, jamais on ne peut contrôler tous les aspects de notre vie à ce point. Par contre, on peut apprendre à vivre avec sainement, à les voir comme des occasions de grandir et de découvrir de nouvelles choses.

        Joanie est à l’aube de tout cela. Et elle va vite découvrir que les décisions que l’on prend ont toutes une date de péremption! Si actuellement elle découvre qu’elle aime encore faire de la gym 14h semaine, elle peut aussi bien en arriver à la conclusion inverse à Noël ou au printemps.

        Surtout ne prenez pas mon commentaire comme si je vous faisais la morale. En lisant votre post, cela m’a fait revivre ces doutes que j’ai eus à l’âge de Joanie. Pour ma part, ces questionnements m’ont menée à expérimenter d’autres sports, dans lesquels j’ai performé jusque dans la vingtaine. J’ai toujours gardé un attachement particulier envers la gym, mais je me suis donné le droit de découvrir que certains aspects me correspondaient moins, et de prendre la décision d’apporter des changements. Ça m’a pris 3-4 ans, mais je ne regrette ni ces questionnements qui ont été essentiels pour apprendre à mieux me connaître, ni les décisions, bonnes et mauvaises, que j’ai prises.

        Je crois que votre stratégie est juste: vous continuez à montrer à votre fille que vous l’aimez et que vous la respectez telle qu’elle est. Même si vous n’êtes pas d’accord avec elle ou si ses décisions vous déçoivent. Il serait peut-être bon, si ce n’est déjà fait, de lui exprimer avec franchise vos sentiments, tout en lui soulignant que ces décisions sont les siennes, car c’est elle seule qui en porte les conséquences… maintenant et pour l’avenir.

        Bonne chance à Joanie (et à vous!) dans cette nouvelle étape de sa vie.

      • octobre 5, 2009 2:37

        Je ne prends pas mal votre commentaire, bien au contraire. Vous avez tout à fait raison. D’ailleurs, je lui ai clairement dit que cette décision lui appartenait peu importe que ça me rende triste ou non. L’important pour moi est de la voir heureuse! Comme je l’ai écrit, elle devra faire sa saison puisque c’est déjà commencé. Elle devra aller jusqu’au bout. Comme je lui ai dit hier, elle aurait dû me dire AVANT qu’elle voulait un pause. Elle aura donc sa pause, si c’est toujours son souhait, à la fin de l’année. Elle m’a dit qu’elle voulais néanmoins continuer à fréquenter les gym libres et se garder en forme. Ceci vient d’elle et non de moi car je croyais vraiment qu’elle en avait assez. Alors, oui, peut-être que je lui ai mis de la pression et que je veux plus qu’elle. Je la laisserai aller en souhaitant la voir heureuse et épanouie. C’est la seule chose qui compte. Ceci étant dit, elle sait qu’elle peut me parler et qu’elle pourra toujours compter sur moi.

        Je n’ai pas l’impression de me faire faire la morale. Mais j’ai aussi besoin de me faire brasser les puces à l’occasion! C’est bien correct. Lorsqu’on écrit un blogue et que l’on partage des choses, il faut s’attendre à ne pas faire l’unanimité. Je suis franche lorsque je parle et j’encaisse lorsqu’on me parle même si c’est parfois très difficile.

        Merci pour vos commentaires.

      • Geneviève lien permanent
        octobre 6, 2009 2:46

        Tant mieux!

        J’ai eu une petite crainte que mon commentaire ne passe pas bien, car bon communiquer sur le web coupe quand même tout l’aspect non-verbal! D’autre part, vous êtes tellement transparente lorsque vous exprimez vos sentiments dans vos articles, on voit très bien votre franchise et votre intégrité envers vous-même.

        Je suis bien d’accord que dans un blogue on peut s’attendre à recevoir des commentaires de gens qui ne sont pas en accord avec nos propos. Cependant, je crois important que cela reste loin d’un discours de morale et que l’on porte tout de même attention à la façon dont on s’exprime. Comme je disais plus haut, on perd le non verbal et ainsi, une part importante de la communication. On peut plus facilement mal s’exprimer ou être mal compris… et blesser ou insulter alors que ce n’était pas le but!

        Je suis bien d’accord quand vous dites à votre fille qu’elle doit aller au bout de sa session. En effet, elle s’est engagée pour l’année, même si elle réalise un peu tard qu’elle aurait pris une pause, quand on prend un engagement on le tient. C’est avec ce genre d’expérience que l’on apprend à prendre davantage de recul et de réflexion avant de prendre un engagement. Mieux vaut l’apprendre tôt que tard dans la vie :-)

        Bonne continuation, votre blogue est réellement très agréable à lire!

      • octobre 6, 2009 2:55

        Il est vrai que perdre le non-verbal peut rendre le dialogue plus difficile. Merci pour vos précieux commentaires! Il est bon d’avoir un retour!

        Au plaisir!!

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